Changement climatique: l'enjeu du siècle

Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre d'origine anthropique, dont il représente environ 66% de l'incidence totale.

 

Depuis l'ère préindustrielle, la concentration de CO₂ dans l'atmosphère a augmenté de 52%, passant de 280 ppm à 427 ppm.

 

L'essentiel de cette hausse est postérieur à 1970 et provient essentiellement de la combustion d'énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon). Ces dernières représentent 80 % du mix énergétique mondial.

 

Cette très forte augmentation a eu un impact déterminant sur la température de la planète, qui a crû de +1,4 °C depuis l'ère préindustrielle.

 

Le méthane (Potentiel de Réchauffement Global, PRG, à 20 ans : 81) est le 2ᵉ principal gaz à effet de serre d'origine anthropique. Il explique environ un tiers du réchauffement climatique "humain".

 

Depuis 1880, la concentration de CH₄ dans l'atmosphère a augmenté de 132%, passant de 873 ppb à 1 936 ppb. Cette hausse s'explique principalement par le développement des activités humaines (utilisation de combustibles fossiles, agriculture, etc.), qui représentent 60% des émissions totales de méthane.

 

159 pays ont rejoint le Global Methane Pledge, dont l'objectif est de réduire de 30% les émissions de CH₄ entre 2020 et 2030. À ce jour, cet objectif apparait inatteignable au vu des émissions actuelles, ce qui fait peser un risque lourd sur la planète.

Les émissions de CO₂ d'origine fossile ont fortement augmenté depuis l'an 2000, en raison notamment du quasi-triplement des émissions chinoises. Ces dernières représentent désormais 31% des émissions mondiales, contre 13% pour les États-Unis et 10% pour l'Europe. La progression récente globale est plus mesurée.

 

Ces chiffres doivent cependant être mis en perspective : l'Occident porte une responsabilité historique dans cette évolution, le CO₂ restant plusieurs centaines d'années dans l'atmosphère. La taille des différentes populations et le développement économique sont également à prendre en considération. 

 

Le charbon, dont la moitié est consommée en Chine, représente 41% des émissions mondiales de CO₂ et son utilisation massive est un risque majeur pour la planète.

 

La forte baisse de 2020 est due à la crise du COVID-19.

Le site Carbon Majors a compilé les émissions carbone de 178 entités entre 1854 et 2024, essentiellement des compagnies publiques et privées du domaine des énergies fossiles et du ciment. Ces 178 entités sont à l'origine d'environ 70 % des émissions de CO₂ liées aux combustibles fossiles et à la production de ciment depuis l'ère préindustrielle.

 

En raison des aléas historiques et de l'absence de certaines données, un retraitement complexe des informations est nécessaire, mais il est possible d'identifier les principales sociétés émettrices de CO₂ et de CH₄ et de comptabiliser leurs émissions directes et indirectes (Scope 1 et 3).

 

Si l'on prend en compte les émissions de CO₂ et de CH₄ cumulées, il s'avère que les 20 principales sociétés ont émis 652 GTCO₂e depuis 1854, ce classement étant dominé par Saudi Aramco.

 

Sur ces vingt sociétés, douze sont publiques, huit privées. On peut également relever que cinq sont américaines, trois anglaises et deux chinoises.

 

Le réchauffement climatique a déjà affecté la vie de centaines de millions de personnes. Ses conséquences désastreuses risquent de s'amplifier au cours des prochaines décennies. Mais jusqu'où, et avec quelles implications ? Et de quelles marges de manoeuvre disposons-nous ?